Quitter un poste confortable en CDI en 2018 après quasiment 7 ans passés dans une société leader sur son marché pour se lancer en tant qu’auto-entrepreneur dans les paris sportifs alors que sa femme est sur le point d’accoucher était en soi un premier pari.

 

Être son propre patron, c’est exercer une demi-douzaine de métier (statisticien, webmaster, développeur, commercial, rédacteur, chroniqueur radio, comptable, community manager…) en plus de son activité de parieur pro (qui d’ailleurs n’est pas reconnu en France) est super enrichissant et valorisant, malgré le fait qu’en France le micro-entrepreneur ne cotise pas pour le chômage ni la retraite (un cumulé de non-reconnaissance).

 

Cela prend une énergie folle et un temps de dingue : fini le temps libre pendant les week-ends, les dimanches, les jours fériés, les congés, et se coucher tôt. Il faut être au taquet tout le temps et sur tous les fronts : google, réseaux sociaux, radio, newsletters, fonctionnalités et mise à jour du site, partenariat etc…

 

Comme c’est une entreprise numérique qui n’a pas pignon sur rue, il faut donc tout mettre en œuvre pour toucher sa cible avec l’air du temps : les réseaux sociaux ! Car c’est bien beau d’avoir un « savoir-faire » mais le plus difficile est de le faire savoir.

Ainsi, il faut une visibilité accrue sur plusieurs réseaux (Facebook, Instagram, Twitter, Linkedin) pour se faire connaître via les « like », les « partages », les « story » etc… Cela passe donc par s’imposer un rythme effréné quotidien de publication de contenu (avec des hashtags spécifiques pour ressortir), à des heures précises pour attirer une plus large audience, afin de satisfaire les algorithmes et les utilisateurs. On devient donc malgré soi prisonnier de ce système extrêmement chronophage.

 

Le « réseau » n’est pas très fidèle, la « communauté » versatile ; c’est sans doute dans l’air du temps, une information en chasse une autre dans nos fils d’actualités et on zappe vite. Parfois la sympathie est plus grande pour un paysan cubain er on s’émeut plus pour un zoo au Japon plutôt que son voisin ou le commerçant du coin qui connaît pourtant les mêmes difficultés pour s’en sortir…

 

En plus d’être chronophage il faut une sacrée carapace, comme c’est un monde virtuel les critiques et/ou les notations (le système de note existe toujours même après les études) peuvent vite impactées votre activité et votre moral. Google analytics vous donnent des tas de stats sur votre site, puis vous avez également cela via les « like », les « partage », les « story », les visites de profil et cela site par site…en fait vous êtes évalué en permanence et partout !

 

Un client mécontent peut donner son opinion car la critique fait avancer mais ce sont souvent des personnes n’ayant jamais testées votre service que vous entendez le plus, et les clients satisfait eux ne disent rien, car quand on est satisfait on le dit que trop rarement.

Même si c’est une passion, certaines fois tout cela cumulé devient une contrainte trop importante malgré toute la bonne volonté de réussir ce projet.

 

En me lançant dans cette aventure, je ne m’attendais pas à recruter des dizaines de salariés et à être récompensé de tout ce travail (invisible) via un CA démentiel, mais simplement à bénéficier de plus d’empathie, de bienveillance et de soutien. Cela simplement avec davantage d’activité sur les réseaux sociaux de la part de mon « réseau » ou de ma « communauté ».

En effet, faire la promotion d’un petit commerçant, d’un artisan du coin ou d’un auto-entrepreneur sur des sites ou des applications qu’on utilise tous plusieurs fois par jour ne demandent pas un effort considérable. Et cela peut véritablement changer la donne pour cette petite entreprise.

 

D’ailleurs, je ne parle même pas de CA, car j’aurais véritablement explosé les ventes avec toutes les personnes m’ayant dit un jour « je vais te prendre un abonnement ».

 

Je ne vise personne en particulier car j’ai sans doute aussi été dans ce cas il y a quelques années lorsque j’étais encore salarié et que je n’avais pas encore fait le grand saut. Avec le recul, on comprend certaines choses, c’est en osant, en connaissant l’échec qu’on devient plus tolérant avec ceux qui tentent également des choses et prennent des risques.

 

On peut ne pas être convaincu par une société (ses produits, ses services…), mais il n’en reste pas moins qu’il faut toujours avoir conscience de l’effort, du travail que cela représente de vous proposer cela, surtout pour des petites voire des très petites structures.

 

J’ai débuté mon activité en étant totalement gratuit pour les utilisateurs car je partageais ma passion (je le fais toujours via les chroniques radio), et je me suis professionnalisé en créant un site digne de ce nom, avec un logo (déposer à l’INPI), un nom de domaine, un hébergeur…les gens l’oublient mais tout cela a un coût, alors lorsqu’on est gratuit cela n’est pas viable.

 

En mars 2020, le covid est passé par là et il a permis de faire un point général sur mon activité : proposer des pronostics sportifs à la vente est trop compliqué, la pression est considérable lorsqu’on fait gagner/perdre de l’argent. J’ai donc décidé de recentrer mon activité en proposant des statistiques pour orienter les paris sportifs des utilisateurs (concept novateur car cela est fait sous forme de classement) ! J’ai passé tout le 1er confinement à étudier toutes sortes de statistiques dans différents sports pour en ressortir quelque chose de fiable et utilisable.

 

Concernant la partie salariale, en tant que parieur pro, tous les sports étant à l’arrêt je n’avais plus aucune rentrée d’argent pendant tout ce temps (parier sur le foot biélorusse était suicidaire). La tête dans le guidon pendant ces années, je n’avais pas réalisé que pour les 2 naissances de mes enfants je n’avais pas pris de congés paternité via l’assurance chômage auquel j’avais droit et cela m’aurait permis de prolonger mes droits pendant toute la période du confinement (pour 5 jours près ça ne fut pas le cas)… au lieu de cela, je n’ai touché pour cette période que 124 € du fond de solidarité pour les entreprises (CA n-1).

 

Tout cela pour vous dire que toutes ces petites déceptions cumulées sur ces 3 dernières années font qu’il faut dresser un bilan et être lucide.

 

J’ai donc décidé de concentrer mon activité de statistiques sportives EXCLUSIVEMENT sur mon site et non plus sur les réseaux sociaux (excepté les bilans mensuels) !

 

Les bilans hebdomadaires, les podcasts radio, les offres commerciales, les informations liées à l’univers des paris sportifs seront accessibles également pour ceux qui le souhaitent via la newsletter hebdomadaire : https://www.lenferduweekend.com/contact/

 

 

Prenez soin de vous et portez-vous bien.

 

A vos paris, prêts ? Gagnez !

 

Rédigé par L’Enfer du week-end

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